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Calendrier fiscal et juridique d'une SAS

Rédigé par Redlina Dernière mise à jour : 9 minutes de lecture

Une SAS jongle chaque année avec des dizaines d'échéances qui ne coïncident presque jamais entre elles : acomptes d'impôt sur les sociétés, déclarations de TVA, cotisation foncière des entreprises, assemblée générale d'approbation des comptes, dépôt au greffe. Chacune répond à une logique différente, et manquer l'une d'entre elles expose la société à des conséquences bien réelles.

Contrairement à une idée répandue, toutes ces dates ne dépendent pas du même point de départ. Certaines sont calculées à partir de la date de clôture de l'exercice social, propre à chaque société. D'autres suivent strictement l'année civile, quelle que soit la date de clôture choisie par les associés.

Cet article présente l'ensemble des échéances fiscales et juridiques d'une SAS, la logique qui permet de les anticiper, et les conséquences d'un retard.

Accès direct :

Comprendre la logique du calendrier fiscal et juridique

La majorité des SAS clôturent leur exercice social le 31 décembre, ce qui aligne leur calendrier sur l'année civile. Mais les statuts peuvent librement fixer une autre date de clôture : 30 juin, 31 mars, ou toute autre date choisie par les associés lors de la rédaction des statuts.

Cette date de clôture sert de point de départ à la majorité des échéances fiscales et juridiques : acomptes et solde d'impôt sur les sociétés, dépôt de la déclaration de résultat, convocation de l'assemblée générale d'approbation des comptes, dépôt des comptes annuels au greffe. Toutes ces obligations se calculent en nombre de mois après la clôture, quelle que soit la date choisie.

D'autres échéances suivent en revanche l'année civile de manière fixe, indépendamment de la date de clôture de la société. C'est notamment le cas de la cotisation foncière des entreprises et, pour la majorité des régimes de TVA, des déclarations périodiques. Confondre ces deux logiques est l'erreur la plus fréquente commise par les dirigeants qui construisent leur propre calendrier.

Les échéances fiscales à respecter

Le tableau suivant présente les principales échéances fiscales d'une SAS dont l'exercice coïncide avec l'année civile, c'est-à-dire clôturé au 31 décembre.

Obligation fiscale Échéance
1er acompte d'impôt sur les sociétés 15 mars
2e acompte d'impôt sur les sociétés 15 juin
Déclaration de résultat (liasse fiscale) et solde d'IS 2e jour ouvré suivant le 1er mai (délai supplémentaire en cas de dépôt en ligne)
3e acompte d'impôt sur les sociétés 15 septembre
TVA (régime réel normal) Déclaration mensuelle ou trimestrielle, selon le montant de TVA due
TVA (régime simplifié) Acomptes en juillet et décembre, régularisation en mai
Solde de la CFE 15 décembre
4e acompte d'impôt sur les sociétés 15 décembre

Les acomptes d'impôt sur les sociétés ne concernent que les SAS déjà bénéficiaires lors de l'exercice précédent : leur montant se calcule sur la base de l'impôt dû au titre de l'exercice antérieur, et non sur une estimation du résultat en cours. Une société nouvellement créée n'y est donc pas soumise dès sa première année.

Le régime de TVA applicable détermine entièrement la fréquence des déclarations. Une SAS relevant du régime réel normal déclare et paie sa TVA chaque mois, sauf si le montant annuel dû est inférieur à 4 000 €, ce qui autorise une déclaration trimestrielle. Une SAS placée sous le régime simplifié verse deux acomptes semestriels avant de régulariser sa situation lors de la déclaration annuelle. Le choix entre ces régimes dépend du chiffre d'affaires réalisé.

La cotisation foncière des entreprises suit un calendrier totalement indépendant de la clôture de l'exercice. Son montant est calculé sur la valeur locative des biens utilisés au 1er janvier de l'année d'imposition, et son solde doit être payé au plus tard le 15 décembre de chaque année, quelle que soit la date de clôture de la SAS.

Les échéances juridiques à respecter

Le calendrier juridique d'une SAS obéit à une logique distincte de celle du calendrier fiscal, bien que les deux se croisent souvent sur une même période de l'année.

Obligation juridique Délai
Approbation des comptes annuels Dans les 6 mois suivant la clôture de l'exercice
Dépôt des comptes annuels au greffe 1 mois après l'approbation (2 mois en cas de dépôt en ligne)
Mise à jour du registre des bénéficiaires effectifs 30 jours après tout changement affectant les informations déclarées
Mise à jour du registre des mouvements de titres Sans délai, dès chaque cession ou transfert de titres

L'assemblée générale d'approbation des comptes constitue l'échéance juridique la plus structurante de l'année. Elle doit se tenir dans les six mois suivant la clôture de l'exercice, ce qui fixe une date limite au 30 juin pour une SAS clôturant au 31 décembre. Cette assemblée statue sur les comptes annuels, l'affectation du résultat, et le cas échéant sur le renouvellement des organes de direction.

Une fois les comptes approuvés, la société dispose d'un délai supplémentaire pour les déposer au greffe du tribunal de commerce. Ce dépôt rend les comptes accessibles à tout tiers intéressé et constitue une obligation distincte de l'approbation elle-même.

Le registre des bénéficiaires effectifs et le registre des mouvements de titres ne suivent pas un rythme annuel fixe : leur mise à jour dépend d'événements précis survenant dans la vie de la société, comme une cession de titres ou un changement dans la répartition du capital.

Calendrier mensuel pour un exercice clos au 31 décembre

Ce calendrier récapitule, mois par mois, les principales échéances applicables à une SAS dont l'exercice coïncide avec l'année civile. Il ne remplace pas un suivi personnalisé, mais offre une vue d'ensemble utile pour anticiper les périodes les plus chargées de l'année.

Mois Obligations principales
Mars 1er acompte d'impôt sur les sociétés (15 mars)
Mai Déclaration de résultat et solde d'IS ; régularisation annuelle de TVA (régime simplifié)
Juin 2e acompte d'IS (15 juin) ; date limite pour l'assemblée générale d'approbation des comptes (30 juin)
Juillet Dépôt des comptes annuels au greffe ; 1er acompte semestriel de TVA (régime simplifié)
Septembre 3e acompte d'impôt sur les sociétés (15 septembre)
Décembre 4e acompte d'IS, 2e acompte de TVA (régime simplifié) et solde de la CFE (15 décembre)

À cela s'ajoutent les échéances récurrentes qui ne figurent pas dans ce tableau parce qu'elles reviennent chaque mois : la déclaration de TVA mensuelle pour les sociétés qui y sont soumises, ainsi que la déclaration sociale nominative liée à la rémunération du président lorsqu'il perçoit un salaire.

Checklist : anticiper les échéances de sa SAS

Voici les points à vérifier en début d'exercice pour construire un calendrier fiable et éviter tout oubli au cours de l'année.

Erreur fréquente

De nombreux dirigeants alignent mentalement toutes les échéances de leur SAS sur la date de clôture de l'exercice. Cette logique est correcte pour l'impôt sur les sociétés et l'approbation des comptes, mais elle est fausse pour la cotisation foncière des entreprises.

La CFE est calculée sur l'année civile et son solde est dû le 15 décembre, quelle que soit la date de clôture retenue par la société dans ses statuts.

Le cas particulier de l'exercice décalé

Une SAS peut choisir une date de clôture différente du 31 décembre, par exemple le 30 juin. Dans ce cas, les échéances liées à la clôture se décalent d'autant, tandis que celles liées à l'année civile restent fixes.

Les acomptes d'impôt sur les sociétés sont dus le 15 du 3e, du 6e, du 9e et du 12e mois de l'exercice. Pour une clôture au 30 juin, cela correspond aux 15 septembre, 15 décembre, 15 mars et 15 juin. L'assemblée générale d'approbation des comptes doit se tenir avant le 31 décembre, et le dépôt des comptes au greffe suit dans le mois qui suit cette approbation.

La déclaration de TVA n'est en revanche pas affectée par ce décalage lorsque la SAS relève du régime réel normal : elle reste mensuelle ou trimestrielle, calée sur le calendrier civil. Seule la déclaration annuelle du régime simplifié suit, elle aussi, le rythme de l'exercice décalé.

Que risque une SAS en cas de retard ?

Un retard dans le versement d'un acompte ou du solde d'impôt sur les sociétés entraîne l'application d'un intérêt de retard, dont le taux légal s'établit à 0,20 % par mois, auquel s'ajoute une majoration de 10 % en cas de déclaration ou de paiement tardif.

Le non-respect du délai de dépôt des comptes annuels au greffe expose la société à une amende pouvant atteindre 1 500 €, portée à 3 000 € en cas de récidive. Tout intéressé peut également saisir le président du tribunal de commerce pour obtenir une injonction de dépôt sous astreinte.

Un retard dans la tenue de l'assemblée générale d'approbation des comptes ne fait pas l'objet d'une sanction pénale automatique, mais expose la société à une action en injonction de la part de tout associé ou de tout tiers ayant intérêt à agir, sous astreinte fixée par le juge.

FAQ : calendrier fiscal et juridique d'une SAS

Le calendrier fiscal d'une SAS soumise à l'impôt sur le revenu est-il différent ?

Une SAS peut, sous conditions strictes et pour une durée maximale de cinq exercices, opter pour le régime fiscal des sociétés de personnes. Dans ce cas, elle échappe aux acomptes et au solde d'impôt sur les sociétés, mais reste soumise aux mêmes échéances de TVA, de CFE et aux obligations juridiques d'approbation des comptes.

Une SAS doit-elle respecter ce calendrier dès sa première année d'activité ?

Oui, dès son immatriculation, à l'exception des acomptes d'impôt sur les sociétés, qui ne sont dus qu'à partir du second exercice faute de bénéfice de référence. La cotisation foncière des entreprises n'est pas due non plus au titre de l'année de création.

Que se passe-t-il si une échéance tombe un samedi, un dimanche ou un jour férié ?

Le délai est reporté au premier jour ouvré suivant. Cette règle s'applique aux échéances fiscales comme aux délais de procédure calculés en jours dans le cadre juridique.

Est-il possible de modifier la date de clôture de l'exercice social pour ajuster son calendrier ?

Oui, un changement de date de clôture est possible par décision des associés, avec modification corrélative des statuts et formalités de publicité associées. Cette opération n'est pas anodine sur le plan fiscal et mérite d'être anticipée avec un professionnel.

Sources légales et réglementaires :

  1. Code général des impôts – Article 1668 (acomptes d'impôt sur les sociétés)
  2. Code général des impôts – Article 1478 (cotisation foncière des entreprises)
  3. Code de commerce – Article L232-21 (approbation des comptes annuels)
  4. Code de commerce – Article R247-3 (sanctions liées au dépôt des comptes)
  5. impots.gouv.fr – Échéancier fiscal des professionnels