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Convocation d'assemblée générale : règles et délai

Rédigé par Redlina Dernière mise à jour : 7 minutes de lecture

Convoquer une assemblée générale n'est pas un simple courrier envoyé aux associés : la loi impose un délai précis et un contenu obligatoire, qui varient selon que la société est une SARL, une SAS ou une SA. Ignorer ces règles ne déclenche pas d'amende automatique, mais expose les décisions prises lors de l'assemblée à un risque d'annulation.

Le formalisme entourant la convocation vise un objectif simple : garantir que chaque associé ou actionnaire dispose du temps et de l'information nécessaires pour préparer sa participation à la délibération. Ce délai n'est donc pas une contrainte administrative accessoire, mais une condition de validité de l'assemblée elle-même.

Cet article détaille qui peut convoquer une assemblée générale, quel délai respecter selon la forme juridique de la société, ce que la convocation doit contenir, et les conséquences d'une convocation irrégulière.

Accès direct :

Qu'est-ce que la convocation d'une assemblée générale ?

La convocation est l'acte par lequel les associés ou les actionnaires sont formellement informés de la tenue d'une assemblée générale, de sa date, de son lieu et des sujets qui y seront débattus. Elle marque le point de départ du délai légal que la société doit respecter avant de réunir ses membres.

Cette obligation s'applique aussi bien à une assemblée générale ordinaire, chargée d'approuver les comptes ou de statuer sur la gestion courante, qu'à une assemblée générale extraordinaire réunie pour modifier les statuts. Le délai légal de convocation ne dépend pas de la nature de l'assemblée : il dépend uniquement de la forme juridique de la société.

La convocation ne se limite pas à un simple avis de réunion. Elle constitue une formalité substantielle : son absence ou son irrégularité peut être invoquée pour contester la validité des décisions adoptées, y compris plusieurs mois après la tenue de l'assemblée.

Qui a le pouvoir de convoquer l'assemblée générale ?

Le pouvoir de convocation appartient en priorité à l'organe de direction de la société, mais la loi prévoit des mécanismes de substitution lorsque celui-ci reste inactif.

Ce mécanisme de substitution évite qu'un dirigeant défaillant paralyse durablement le fonctionnement de la société en refusant de réunir les associés.

Quel délai de convocation respecter selon la forme juridique ?

Le délai légal minimum entre l'envoi de la convocation et la tenue de l'assemblée varie sensiblement selon la forme juridique de la société.

Forme juridique Délai légal minimum
SARL 15 jours avant la réunion, par lettre recommandée
SA 15 jours pour la première convocation, 6 jours pour une deuxième convocation
SAS Aucun délai légal minimum, fixé librement par les statuts

Dans une SARL, ce délai de 15 jours résulte de l'article R223-20 du Code de commerce. Il s'agit d'un minimum : les statuts peuvent prévoir un délai plus long, jamais plus court, sauf accord unanime des associés au moment de la délibération.

Dans une SA, ce même délai de 15 jours découle de l'article R225-67 du Code de commerce pour la première convocation. Lorsque le quorum requis n'a pas été atteint et qu'une deuxième assemblée doit être réunie, ce délai est réduit à 6 jours.

Dans une SAS, la loi ne fixe aucun délai minimum : l'article L227-9 du Code de commerce renvoie aux statuts le soin d'organiser librement les modalités de convocation. Cette liberté ne dispense toutefois pas de prévoir un délai raisonnable, sous peine d'exposer une décision à une contestation si un associé démontre qu'il n'a pas disposé du temps nécessaire pour se préparer.

Point de vigilance

Le délai légal court à compter de la date d'envoi de la convocation, généralement matérialisée par le cachet de la poste, et non à partir de la date à laquelle l'associé la reçoit effectivement.

Un envoi tardif reste irrégulier même si le destinataire reçoit la lettre plusieurs jours avant l'assemblée. Anticiper l'envoi est donc préférable à calculer le délai au plus juste.

Que doit contenir la convocation ?

Les mentions obligatoires

Quelle que soit la forme juridique de la société, la convocation doit indiquer la date, l'heure et le lieu de la réunion, ainsi que l'ordre du jour précis des sujets qui seront soumis à délibération. Cet ordre du jour doit être suffisamment détaillé pour permettre à chaque associé de se forger une opinion avant la réunion : une mention vague comme « questions diverses » ne peut en aucun cas servir de fondement à une décision importante.

Le mode d'envoi

Dans une SARL, la lettre recommandée reste le mode d'envoi imposé par défaut, sauf accord préalable de l'associé pour un envoi par voie électronique. Dans une SA, les statuts peuvent prévoir une lettre simple, une lettre recommandée, ou une convocation par voie électronique sous réserve de l'accord de l'actionnaire concerné. Dans une SAS, le mode d'envoi est fixé librement par les statuts, ce qui explique la fréquence des convocations par courrier électronique dans cette forme sociale. Ce même formalisme s'articule avec les règles applicables au vote à distance.

Checklist : rédiger une convocation conforme

Voici les points à vérifier avant d'envoyer une convocation, pour limiter le risque de contestation ultérieure des décisions prises en assemblée.

Que se passe-t-il en cas de convocation à une deuxième assemblée ?

Dans une SA, lorsque le quorum requis n'est pas atteint lors de la première assemblée, celle-ci ne peut pas valablement délibérer. Une deuxième assemblée doit alors être convoquée, dans les mêmes formes que la première, mais avec un délai réduit à 6 jours au moins avant la réunion.

Dans une SARL, ce mécanisme de deuxième convocation n'existe pas sous la même forme : en l'absence de quorum prévu par les statuts, l'assemblée délibère normalement selon les règles de majorité applicables à la décision concernée. Dans une SAS, les modalités d'une éventuelle deuxième convocation relèvent, comme pour la première, de la liberté statutaire.

Que risque-t-on en cas de convocation irrégulière ?

Le non-respect du délai ou du contenu obligatoire de la convocation n'entraîne pas d'amende automatique. Le risque est d'une autre nature : les décisions adoptées lors d'une assemblée irrégulièrement convoquée peuvent être annulées à la demande de tout associé ou actionnaire qui y avait intérêt, y compris longtemps après la réunion.

Cette irrégularité peut toutefois être couverte lorsque tous les associés étaient présents ou représentés à l'assemblée et ont accepté, sans réserve, de délibérer malgré le vice de convocation. En l'absence d'une telle unanimité, le risque de contestation subsiste pleinement. Un dirigeant qui néglige systématiquement cette obligation s'expose par ailleurs à voir sa responsabilité recherchée, notamment lorsque cette négligence rejoint d'autres manquements dans la tenue régulière des assemblées de la société.

FAQ : convocation d'assemblée générale

Peut-on convoquer une assemblée générale par voie électronique ?

La convocation par voie électronique est admise, à condition que l'associé ou l'actionnaire concerné ait donné son accord préalable et que les statuts autorisent ce mode d'envoi. À défaut d'un tel accord, la convocation doit être adressée dans les formes prévues par la loi selon la forme juridique de la société.

Le délai de convocation court-il à partir de l'envoi ou de la réception de la lettre ?

Le délai court à compter de la date d'envoi de la convocation, généralement matérialisée par le cachet de la poste, et non à partir de sa réception effective par le destinataire. Un envoi tardif expose donc la convocation à une irrégularité, même si le destinataire la reçoit avant la date légale.

Un associé peut-il renoncer au délai de convocation ?

Oui. Si tous les associés sont présents ou représentés et acceptent unanimement de délibérer malgré le non-respect du délai, l'irrégularité peut être couverte. Cette renonciation doit toutefois résulter d'un accord unanime et explicite, pas d'une simple absence d'objection.

Le délai de convocation est-il le même pour une assemblée générale ordinaire et une assemblée générale extraordinaire ?

Oui, le délai légal de convocation prévu par le Code de commerce s'applique indifféremment aux assemblées générales ordinaires et extraordinaires. Seules les règles de quorum et de majorité applicables à la délibération diffèrent selon la nature de l'assemblée.

Sources légales et réglementaires :

  1. Code de commerce – Article L223-27
  2. Code de commerce – Article R223-20
  3. Code de commerce – Article L227-9
  4. Code de commerce – Article R225-67
  5. Service-Public.fr – Convocation aux assemblées générales