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Créer une holding : procédure et coût

Rédigé par Redlina Dernière mise à jour : 6 minutes de lecture

Créer une holding suit, sur le plan juridique, la même procédure que la constitution de toute société commerciale : rédaction de statuts, constitution d'un capital social, publication d'une annonce légale et immatriculation auprès du guichet unique. Ce qui distingue réellement la création d'une holding, c'est la manière dont son capital est constitué et les conséquences fiscales qui en découlent.

Deux logiques coexistent. La holding peut être constituée par un simple apport en numéraire, avant d'acquérir les titres d'une société existante ou de créer une nouvelle filiale. Elle peut aussi être constituée par l'apport direct des titres d'une société que le dirigeant détient déjà, ce qui déclenche des règles spécifiques d'évaluation et, le plus souvent, l'intervention d'un commissaire aux apports.

Cet article détaille les étapes concrètes de constitution selon ces deux modalités, ainsi que les coûts réels à prévoir, des frais d'immatriculation aux honoraires professionnels.

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Qu'est-ce qu'une holding, juridiquement ?

Une holding n'est pas une forme juridique distincte prévue par le Code de commerce. Il s'agit d'une société commerciale ordinaire — le plus souvent une SAS, une SASU, une SARL ou une EURL — dont l'activité principale consiste à détenir des participations dans une ou plusieurs autres sociétés, appelées filiales.

Cette absence de statut spécifique a une conséquence directe : créer une holding revient à créer une société classique, avec les mêmes formalités que n'importe quelle immatriculation. Ce qui varie, c'est l'origine du capital apporté et la finalité économique de la structure. Les raisons qui poussent un dirigeant à mettre en place ce type de montage sont détaillées dans notre article consacré à l'intérêt réel d'une holding pour un dirigeant de TPE.

On distingue généralement la holding passive, qui se limite à la détention de titres, de la holding animatrice, qui participe activement à la conduite de la politique du groupe et fournit des prestations de services à ses filiales. Cette distinction n'a pas d'incidence sur la procédure de création, mais elle conditionne l'accès à certains régimes fiscaux avantageux.

Quelle forme juridique choisir pour sa holding ?

Le choix de la forme juridique de la holding obéit à la même logique que pour toute création de société. Aucune loi n'impose une forme particulière pour une société holding : le dirigeant reste libre de choisir entre une société par actions simplifiée, une société à responsabilité limitée ou toute autre forme commerciale adaptée à son projet.

Forme juridique Particulièrement adaptée lorsque...
SAS / SASU Le dirigeant souhaite une gouvernance statutaire libre, la possibilité d'accueillir facilement de nouveaux actionnaires, et opte pour le régime social assimilé salarié du président
SARL / EURL Le dirigeant privilégie un cadre légal plus encadré, une gestion simplifiée au quotidien, et accepte le régime de travailleur non salarié applicable au gérant majoritaire

Le choix de la forme juridique n'a aucune incidence sur l'accès au régime mère-fille ni sur la mise en place d'une intégration fiscale de groupe. Ces deux dispositifs dépendent du taux de détention des titres entre la holding et sa filiale, et non de la structure juridique retenue par la société holding. Les conditions d'application du régime mère-fille sont détaillées dans notre article dédié à ce régime.

Aucun capital social minimum n'est légalement exigé pour une SAS, une SASU, une SARL ou une EURL. Le montant du capital de la holding est fixé librement dans les statuts, en fonction des besoins réels de financement du montage.

Les deux modalités de constitution d'une holding

La holding constituée par apport en numéraire

Cette modalité correspond à la situation la plus simple : les associés apportent une somme d'argent au capital de la holding, exactement comme pour la création de n'importe quelle société. Une fois immatriculée, la holding utilise ces fonds — éventuellement complétés par un emprunt bancaire — pour acquérir les titres d'une société déjà existante, ou pour souscrire au capital d'une nouvelle filiale qu'elle crée elle-même.

Ce montage est fréquent lorsqu'un dirigeant souhaite structurer un projet de croissance externe, ou lorsqu'il crée simultanément une holding de tête et une société opérationnelle nouvelle. Le financement de l'acquisition des titres par la holding est souvent complété par un compte courant d'associé, dont le fonctionnement et les limites sont présentés dans notre article sur le compte courant d'associé en holding.

La holding constituée par apport de titres

Cette seconde modalité concerne le dirigeant qui détient déjà les titres d'une société opérationnelle et souhaite les transférer à une holding nouvellement créée. Il ne s'agit alors plus d'un apport en numéraire, mais d'un apport en nature : les titres de la société opérationnelle constituent eux-mêmes le capital de la holding.

Cet apport doit être évalué à sa valeur réelle, et cette évaluation est en principe contrôlée par un commissaire aux apports désigné pour l'opération. Sur le plan fiscal, cette opération peut ouvrir droit, sous certaines conditions, à un report d'imposition de la plus-value réalisée par l'apporteur, en application de l'article 150-0 B ter du Code général des impôts. Ce mécanisme, souvent associé à une cession ultérieure des titres par la holding, est présenté en détail dans notre article sur l'apport-cession.

Point de vigilance

Le recours à un commissaire aux apports est en principe obligatoire dès qu'un apport en nature est réalisé lors de la constitution d'une société. Une dispense existe, sous décision unanime des associés, lorsque aucun apport en nature n'excède 30 000 € et que la valeur totale des apports en nature ne dépasse pas la moitié du capital social.

En pratique, l'apport des titres d'une société opérationnelle dépasse presque toujours ces seuils. Le recours à un commissaire aux apports est donc quasiment systématique lorsqu'une holding est constituée par apport de titres.

Les étapes de la procédure de création

Au-delà de la question du capital, la constitution d'une holding suit un enchaînement de formalités identique à celui de toute société commerciale. Seule leur mise en œuvre concrète varie selon que l'apport est réalisé en numéraire ou en nature.

Checklist : les étapes de constitution d'une holding

Voici l'enchaînement des démarches à accomplir, dans l'ordre, pour immatriculer valablement une société holding.

Combien coûte la création d'une holding ?

Le coût de constitution d'une holding varie fortement selon le mode de financement retenu. Une holding créée par simple apport en numéraire engage des frais proches de ceux d'une création de société classique. Une holding constituée par apport de titres implique des coûts supplémentaires, liés à l'évaluation des apports et à l'intervention d'un commissaire aux apports.

Poste de dépense Montant indicatif
Immatriculation au RCS (guichet unique) Environ 37,45 €
Publication de l'annonce légale de constitution 144 € HT (SARL/EURL) ou 193 € HT (SAS/SASU)
Droits d'enregistrement sur les apports purs et simples 375 € ou 500 € selon le capital social
Honoraires de rédaction des statuts De quelques centaines à plusieurs milliers d'euros
Commissaire aux apports (apport de titres) Honoraires libres, souvent plusieurs milliers d'euros

Les droits d'enregistrement mentionnés dans ce tableau concernent un apport dit « pur et simple », c'est-à-dire rémunéré exclusivement par des titres de la holding. Un apport à titre onéreux, notamment lorsque la holding reprend un passif à la place de l'apporteur, peut être soumis à un régime de droits différent.

Les honoraires liés à la rédaction des statuts et, le cas échéant, à l'intervention d'un commissaire aux apports représentent généralement le poste de dépense le plus important. Leur montant dépend directement de la complexité du montage et de la valeur des titres apportés.

FAQ : création d'une holding

Peut-on créer une holding avec un capital social de 1 € ?

Oui, juridiquement rien n'impose de capital minimum pour une SAS, une SASU, une SARL ou une EURL. Un capital très faible limite toutefois la capacité de la holding à financer l'acquisition de titres sans recourir à l'emprunt ou à un compte courant d'associé.

Faut-il obligatoirement un expert-comptable pour créer une holding ?

La loi n'impose pas le recours à un expert-comptable pour la constitution d'une holding. L'articulation avec la société opérationnelle, notamment en cas d'apport de titres, rend cependant son accompagnement fortement recommandé en pratique.

Combien de temps prend la création d'une holding ?

Lorsque la holding est constituée par apport en numéraire, l'immatriculation intervient généralement quelques jours après le dépôt du dossier complet. Lorsqu'elle est constituée par apport de titres, l'intervention du commissaire aux apports allonge ce délai à plusieurs semaines.

Une holding doit-elle exercer une activité pour être valablement constituée ?

Non. Une holding peut se limiter à la détention de titres sans exercer d'activité opérationnelle : on parle alors de holding passive. Cette qualification a des conséquences fiscales, notamment sur l'accès à certains dispositifs réservés aux holdings animatrices.

Sources légales et réglementaires :

  1. Code de commerce – Article L223-9 (commissaire aux apports en SARL)
  2. Code de commerce – Article L227-1 (constitution de la SAS)
  3. Code général des impôts – Article 810 (droits d'enregistrement sur les apports)
  4. Code général des impôts – Article 150-0 B ter (report d'imposition sur apport de titres)
  5. Service-Public.fr – Créer une société : formalités et démarches