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Retard de paiement de l'IS : majorations et intérêts
Une société soumise à l'impôt sur les sociétés doit régler ses acomptes et son solde d'IS à des échéances précises, fixées par le Code général des impôts. Un paiement effectué après la date limite, même de quelques jours, déclenche automatiquement des sanctions financières, sans qu'aucune mise en demeure préalable ne soit nécessaire.
Deux sanctions distinctes s'appliquent alors, et elles se cumulent : une majoration de 5 % du montant impayé, et un intérêt de retard calculé au taux de 0,20 % par mois. Ces pénalités sont automatiques et s'appliquent indépendamment de la bonne foi de l'entreprise.
Cet article détaille les échéances à respecter, le mode de calcul de ces deux sanctions, ainsi que les moyens d'éviter ou de régulariser un retard de paiement de l'IS. Pour une vue d'ensemble des sanctions fiscales applicables aux entreprises, consultez notre guide complet des pénalités fiscales.
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Les échéances de paiement de l'IS à respecter
L'impôt sur les sociétés se paie en deux temps : des acomptes provisionnels versés en cours d'exercice, puis un solde qui régularise le montant définitif une fois l'exercice clos. Chacune de ces échéances est assortie d'une date limite précise, dont le non-respect emporte des conséquences financières.
Les quatre acomptes trimestriels
Pour les entreprises dont l'exercice coïncide avec l'année civile, les acomptes sont en principe exigibles aux 15 mars, 15 juin, 15 septembre et 15 décembre. Leur montant est calculé sur la base du résultat de l'exercice précédent, à l'aide du relevé d'acompte n° 2571. Lorsque l'exercice ne coïncide pas avec l'année civile, ces échéances sont adaptées en conséquence.
Les sociétés dont l'IS de l'exercice précédent était inférieur à 3 000 € ne sont pas tenues de verser d'acomptes, conformément à l'article 1668 du Code général des impôts. Dans ce cas, seul le solde reste dû après la clôture de l'exercice.
Le solde de l'IS
Le solde de l'IS régularise la différence entre l'impôt effectivement dû au titre de l'exercice et les acomptes déjà versés. Il est liquidé au moyen du relevé de solde n° 2572, à déposer et à payer au plus tard le 15 du quatrième mois suivant la clôture de l'exercice. Pour une société clôturant au 31 décembre, cette échéance est donc fixée au 15 mai de l'année suivante.
Les sanctions applicables en cas de retard de paiement
Un paiement effectué après l'échéance légale entraîne l'application automatique de deux sanctions cumulatives, prévues par le Code général des impôts.
La majoration de 5 % (article 1731 du CGI)
L'article 1731 du Code général des impôts prévoit une majoration de 5 % applicable aux sommes qui n'ont pas été payées dans le délai légal. Cette majoration concerne les impôts recouvrés sans émission préalable d'un avis d'imposition, comme l'IS, la TVA ou les acomptes eux-mêmes. Elle s'applique au montant resté impayé à la date d'échéance, quelle que soit la durée du retard.
L'intérêt de retard de 0,20 % par mois (article 1727 du CGI)
En complément de la majoration, un intérêt de retard s'applique conformément à l'article 1727 du Code général des impôts. Son taux est fixé à 0,20 % par mois, soit 2,40 % par an. Il se calcule à compter du premier jour suivant la date limite de paiement, et pour chaque mois civil entamé, jusqu'au dernier jour du mois au cours duquel le paiement intervient effectivement.
Contrairement à la majoration de 5 %, qui a un caractère de sanction, l'intérêt de retard est considéré comme la simple réparation du préjudice subi par le Trésor public du fait du paiement tardif. Pour un développement complet sur son calcul et ses cas d'application, consultez notre article sur l'intérêt de retard fiscal.
Exemple : une société doit régler un acompte d'IS de 8 000 € le 15 juin, mais ne procède au paiement que le 2 août suivant, soit un retard couvrant deux mois civils entamés. La majoration de 5 % représente 400 €. L'intérêt de retard s'élève à 0,40 % (0,20 % × 2 mois), soit 32 €. Le montant total dû s'élève donc à 8 432 €, acompte initial compris.
| Majoration de 5 % | Intérêt de retard |
|---|---|
| Article 1731 du CGI | Article 1727 du CGI |
| Sanction fiscale | Réparation du préjudice financier |
| 5 % du montant impayé, taux fixe | 0,20 % par mois civil entamé |
| Point de départ : date d'échéance | Point de départ : jour suivant l'échéance |
| Appliquée une seule fois | Croît avec la durée du retard |
Point de vigilance
Le retard n'a pas besoin d'être long pour déclencher les deux sanctions. La majoration de 5 % s'applique dès le premier jour de retard, pour son montant intégral, quelle que soit la durée du dépassement.
L'intérêt de retard suit la même logique par mois entamé : un paiement effectué un seul jour après le début d'un nouveau mois civil déclenche l'application de l'intérêt au titre de ce mois complet, sans proratisation possible.
Retard de paiement et retard de déclaration : deux sanctions distinctes
Le retard de paiement de l'IS ne doit pas être confondu avec le retard de dépôt de la déclaration de résultat, qui constitue la liasse fiscale de l'entreprise. Ces deux manquements relèvent de fondements juridiques différents et entraînent des sanctions distinctes.
Le défaut ou le retard de dépôt de la déclaration de résultat est sanctionné par une majoration de 10 % au titre de l'article 1728 du Code général des impôts, portée à 40 % en l'absence de régularisation dans les 30 jours suivant une mise en demeure. Cette majoration s'ajoute, le cas échéant, à celle applicable au retard de paiement lorsque les deux manquements sont constatés simultanément. Pour approfondir ce sujet, consultez notre article sur les pénalités en cas de retard de dépôt de la liasse fiscale.
Une entreprise peut donc déposer sa déclaration de résultat dans les délais tout en payant son IS en retard, ou inversement. Chaque situation est sanctionnée indépendamment, selon les règles qui lui sont propres.
Comment éviter et régulariser un retard de paiement
La meilleure protection contre ces sanctions reste l'anticipation des échéances. Plusieurs pratiques simples permettent de limiter le risque de retard.
Checklist : sécuriser le paiement de l'IS
Voici les réflexes à adopter pour sécuriser le paiement de l'IS et éviter toute majoration évitable.
- Noter les quatre échéances d'acomptes dans le calendrier de l'entreprise dès le début de l'exercice
- Vérifier le montant du solde dû dès la clôture des comptes, sans attendre la date limite
- Mettre en place un virement bancaire programmé pour chaque échéance
- Anticiper une trésorerie suffisante avant chaque date de paiement
- Contacter le service des impôts des entreprises en cas de difficulté avant l'échéance, plutôt qu'après
Que faire en cas de retard déjà constaté ?
Lorsque le retard est déjà survenu, régulariser le paiement le plus rapidement possible reste la priorité : plus le règlement est tardif, plus l'intérêt de retard augmente, mois après mois.
Il est également possible de solliciter une remise gracieuse de la majoration de 5 %, sur le fondement de l'article L247 du Livre des procédures fiscales. Cette demande s'adresse au service des impôts des entreprises et n'est jamais automatique : elle est examinée au cas par cas, notamment en tenant compte des difficultés rencontrées par l'entreprise. L'intérêt de retard, en revanche, est plus difficilement remis, en raison de sa nature indemnitaire plutôt que punitive. Pour connaître la procédure applicable, consultez notre article sur la contestation d'une pénalité fiscale.
FAQ : retard de paiement de l'IS
Le retard de paiement d'un seul acompte d'IS peut-il être régularisé sans pénalité ?
Non. Dès que la date d'échéance de l'acompte est dépassée, la majoration de 5 % et l'intérêt de retard s'appliquent automatiquement, même si le solde final de l'exercice fait apparaître un trop-versé au titre des acomptes précédents.
Un paiement partiel de l'acompte à l'échéance est-il considéré comme un retard ?
Oui, pour la fraction non payée à la date d'échéance. La majoration de 5 % et l'intérêt de retard s'appliquent uniquement sur le montant resté impayé, et non sur la totalité de l'acompte si une partie a été réglée dans les délais.
Le taux de l'intérêt de retard varie-t-il selon le motif ou la durée du retard ?
Non, le taux de 0,20 % par mois est fixe et identique quel que soit le motif ou la durée du retard. Il ne varie pas selon le type d'impôt concerné ni selon le profil de l'entreprise.
Le dirigeant d'une société peut-il être personnellement responsable d'un retard de paiement de l'IS ?
En principe, non. L'IS est dû par la société elle-même, personne morale distincte de son dirigeant. Sa responsabilité personnelle ne peut être engagée qu'en cas de manœuvres frauduleuses ayant rendu impossible le recouvrement de l'impôt par le Trésor public.
Sources légales et réglementaires :
- Code général des impôts – Article 1731 (majoration pour retard de paiement)
- Code général des impôts – Article 1727 (intérêt de retard)
- Code général des impôts – Article 1668 (dispense d'acomptes)
- Code général des impôts – Article 1728 (retard de déclaration)
- Livre des procédures fiscales – Article L247 (remise gracieuse)
- impots.gouv.fr – Paiement de l'impôt sur les sociétés
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